January 12, 2026
Insurance

une hausse « préoccupante » du nombre de victimes à indemniser


« La conduite sans assurance est un fléau », martèle Julien Rencki, directeur général du Fonds de garantie des victimes (FGV). En 2024, cet organisme a observé « une hausse préoccupante » du nombre de victimes d’accidents de la circulation provoqués par un conducteur non assuré ou inconnu. L’an dernier, le FGV a déboursé près de 123 millions d’euros pour indemniser 7 996 victimes (+3,3 % par rapport à 2023), selon un bilan dévoilé ce vendredi. Parmi ces victimes, 168 personnes sont décédées (+5 % d’augmentation) et leurs proches ont été soutenus financièrement.

Cette progression a notamment été alimentée par une augmentation du nombre de victimes de conducteurs ayant commis un délit de fuite (+8,8 %). « Une attitude irresponsable provoquée par la peur de la sanction », commente Sophy Sainten, déléguée générale de l’association Prévention routière. Autre facteur expliquant cette hausse : la multiplication des accidents impliquant des « engins de déplacement personnel motorisés » non assurés, principalement des trottinettes électriques (98 % des cas), mais aussi parfois des gyropodes, hoverboards ou monoroues, également soumis à l’obligation d’assurance. En 2024, le Fonds a pris en charge 446 personnes blessées dans des accidents causés par ces engins (+22 % par rapport à 2023) et indemnisé les proches de cinq personnes décédées.

Une mauvaise connaissance des obligations

Reste à savoir pourquoi certains conducteurs roulent sans assurance. Le ministère de l’Intérieur estime leur nombre à 680 000. Parmi eux : une majorité d’hommes, beaucoup de jeunes de moins de 30 ans, des personnes avec des revenus très faibles et certains délinquants routiers. « Dans 40 % des cas environ, ils seraient sans permis, soit ils ne l’ont jamais eu, soit ils l’ont perdu », indique Julien Rencki. Certains feraient aussi l’impasse sur l’assurance pour des raisons économiques ou en raison d’une mauvaise connaissance des règles. « Certains n’ont pas compris le sens de l’obligation légale de l’assurance, qui n’est pas de protéger en premier lieu la voiture, mais d’abord les autres des dommages qu’on peut leur causer. Que la voiture soit neuve ou ancienne, elle peut toujours renverser quelqu’un au bord d’une route et il faut donc s’assurer », insiste Julien Rencki.

Un défaut d’informations encore plus manifeste chez les utilisateurs de trottinettes : « Ils ne savent pas forcément qu’ils doivent être couverts par l’assurance responsabilité civile, destinée à couvrir les dommages qu’ils peuvent causer aux autres », observe Julien Rencki. « C’est l’une des raisons pour laquelle nous faisons des opérations de sensibilisation dans les établissements scolaires », souligne Sophy Sainten. « On pourrait imaginer, que l‘État impose aux vendeurs de trottinettes de ne les livrer aux clients que s’ils apportent la preuve qu’ils sont assurés », suggère Julien Rencki.

Des conséquences aussi pour eux

Or, s’ils blessent quelqu’un, ces non-assurés « devront parfois payer toute leur vie », insiste Sophy Sainten. Car ils vont devoir rembourser au FGV les sommes versées aux victimes, majorées de 10 %. Selon la gravité de l’accident, ces montants peuvent atteindre « quelques milliers d’euros dans les cas les moins graves et, ça peut dépasser la dizaine de millions d’euros dans les cas les plus graves », rappelle Julien Rencki.

Autre risque encouru : une amende lourde de 750 euros en cas de contrôle routier par les forces de l’ordre, voire 3 750 euros en cas de récidive. En 2023, 243 000 délits pour conduite sans assurance avaient été enregistrés par les forces de l’ordre.



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