Ferrari, Lamborghini, Maserati ou encore Mercedes se montrent finalement plus prudents que prévus dans leur transition vers le tout électrique, annulant certains de leurs modèles ou reportant leur arrivée le temps que le marché retrouve des couleurs.
Coup de tonnerre chez Ferrari ! Alors que la marque ne s”est même pas encore lancée dans l’aventure électrique, elle serait déjà contrainte de revoir ses plans en la matière.
Ferrari, Lamborghini, Maserati et Mercedes font machine arrière
Le constructeur italien prévoirait toujours de lancer son premier modèle à batterie en cette fin d’année, un modèle ultra-exclusif au prix de base à environ 500 000€. Mais son second modèle, plus “accessible”, qui devait arriver dès 2026, aurait été reporté à 2027-2028 au plus tôt, selon une source interne citée par Reuters. En cause ? Le manque d’intérêt des clients et prospects de la marque pour les voitures électriques. Ce alors même que la marque a déjà investi 200 millions d’euros rien que pour la construction d’une usine flambant neuve destinée à la production de ses voitures électriques. Ferrari fait à son tour l’amer constat qu’on pû faire ses concurrents ces derniers temps. Lamborghini annonçait en fin d’année dernière décaler d’un an moins le lancement de sa sportive électrique, estimant que le marché ne serait pas prêt avant 2029. Début mars, c’était Maserati qui annulait la MC20 électrique, pourtant prévue dès le lancement du modèle voilà cinq ans. Là encore, la demande trop faible, voire inexistante, était naturellement citée comme la cause de cette décision. Chez Mercedes, les électriques se vendent plutôt bien… dans les gammes inférieures. Il n’y a qu’à voir le nombre d’EQA, EQB et EQE que l’on compte sur les routes.
Une histoire d’émotion, et non de prix
En revanche, le grand Mercedes “G580 with EQ Technology”, version électrique du vénérable Classe G peine à trouver des acheteurs. Si la communication officielle reste positive, “conforme aux attentes”, un cadre de la marque interrogé par le quotidien économique allemand Handelsblatt a qualifié le modèle “d’échec total”. 1.450 unités auraient été immatriculées dans le monde à fin avril 2025, près de sept fois moins que les versions thermiques ! De quoi remettre en cause l’arrivée d’un Classe G électrique plus compact annoncé pour 2027. Mais comment peut-on expliquer ces échecs, alors même que sur le plan des performances pures, les modèles électriques battent leurs homologues thermiques à plate couture ? L’explication n’est certainement pas à chercher dans le prix qui n’est pas un frein en soi à ce niveau de gamme. Mais les clients ne semblent pas prêts à payer plus cher pour une voiture jugée moins émotionnelle que leurs homologues thermiques. Il est vrai que les moteurs à huit, dix ou douze cylindres font partie même de l’ADN des modèles précités, et procurent des sensations mécaniques et un ressenti du véhicule que la froide efficacité des moteurs électriques ne peut apporter.
Et quitte à se faire plaisir avant d’être contraints et forcés de passer à la batterie d’ici quelques années, sauf retournement de veste de l’Europe, les acheteurs préfèrent se faire plaisir aussi longtemps que possible. L’autonomie, trop faible en usage intensif et l’infrastructure de recharge étant toujours jugée insuffisante finissent de tuer l’intérêt de ces clients qui peuvent se permettre “autre chose”. L’équation de l’équilibre du calendrier de lancement de leurs produits électriques n’est donc pas simple à résoudre pour les constructeurs.
