C’est en réalité au deuxième round des hostilités que l’on a affaire ici. En février 2025, l’association Stichting Massaschade & Consument (SMC) avait déjà attaqué le PlayStation Store pour pratiques illégales. Les Néerlandais n’ont rien perdu de leur mordant, et ont officiellement assigné Sony en justice. L’association de consommateurs accuse le constructeur de la PlayStation d’avoir profité de son quasi-monopole pour imposer des tarifs démesurés sur les jeux numériques et contenus additionnels. D’après les études produites par la SMC, les consommateurs auraient payé en moyenne 47 % de plus pour un même jeu numérique que pour sa version physique. Avec 1,7 million de joueurs concernés, la plainte réclame la restitution des sommes jugées indues depuis 2013, pour une estimation globale du préjudice de 435 millions d’euros.

L’association SMC dénonce le caractère fermé de l’écosystème PlayStation, dont le PlayStation Store est la seule plateforme de distribution numérique autorisée, empêchant toute concurrence et permettant à Sony de contrôler intégralement les prix. En parallèle, les développeurs tiers sont contraints par contrat à céder leurs droits de tarification, renforçant le contrôle de Sony sur la chaîne de valeur.
Lucia Melcherts, présidente de Stichting Massaschade & Consument, explique que « beaucoup de gens remarquent que, depuis la dernière génération de PS5, ils sont de plus en plus poussés vers des consoles exclusivement numériques. Ces consoles fonctionnent uniquement avec des jeux dématérialisés, au lieu de disques physiques. Or, des études économiques ont montré que les consommateurs paient en moyenne 47 % de plus pour ces versions numériques que pour le même jeu en version physique, alors même que les coûts de distribution sont moindres pour Sony. »
Le terme de “Sony‑tax” résume cette accusation de taxe artificielle prélevée sur chaque achat numérique, alors même que les coûts logistiques sont plus faibles que ceux associés à la distribution physique.

Melcherts poursuit en déclarant : « Le fait que Sony ose augmenter ses prix de plusieurs dizaines de pourcents sans aucune contrepartie en dit long sur le déséquilibre des rapports de force. Sony est le seul fournisseur de contenus numériques sur la console de jeu la plus populaire au monde. Aux Pays-Bas, plus de 80 % des personnes possédant une console de jeu ont une PlayStation. L’entreprise peut désormais se permettre de prendre des décisions sans vraiment se soucier de ce que font ses concurrents, les développeurs ou les consommateurs. » Pour exemple, en avril 2025, Sony a procédé à des hausses des prix de la PS5 et de l’abonnement PS Plus dans plusieurs régions (Europe, Australie, Nouvelle-Zélande), sans justification apparente autre qu’un climat économique instable. Or, ces augmentations n’apportent aucune contrepartie visible pour le consommateur.
La plainte vise deux objectifs principaux : faire reconnaître l’exploitation d’une position dominante et forcer Sony à modifier son modèle de distribution. En ouvrant la PlayStation à des plateformes tierces, l’association espère restaurer une concurrence libre et effective, seule capable de limiter les prix. La première audience doit intervenir avant la fin de l’année 2025. Lors de cette étape, le tribunal statuera sur sa compétence dans le domaine et la recevabilité de la plainte. Si elle est jugée fondée, Sony pourrait être contraint à permettre la vente de contenus numériques via d’autres revendeurs, ce qui serait un immense bazar à mettre en place concrètement. Rendez-vous est donc pris pour la fin de cette année pour un nouvel épisode de cette série judiciaire.
Le texte complet concernant les griefs de la Stichting Massaschade & Consument contre Sony est disponible sur le site officiel de l’association.
