(Paris) Les États ne dépensent que 10 % des sommes nécessaires pour atteindre l’objectif de protéger 30 % des océans d’ici 2030, ont indiqué des ONG jeudi dans un rapport publié à quelques jours de la conférence de Nice sur les océans.
En 2022, 196 pays dans le monde se sont donné comme objectif de placer 30 % des océans en aires marines protégées (AMP) en 2030.
Mais à peine 1,2 milliard de dollars sont actuellement consacrés annuellement à la protection des océans, alors qu’un investissement de 15,8 milliards de dollars est nécessaire, d’après ce rapport réalisé en partenariat avec la campagne Together for the Ocean, WWF International, Campaign for Nature, SkyTruth, Marine Conservation Institute, Bloomberg Ocean Fund et RISE UP.
La somme manquante, bien que considérable, ne représente que 0,5 % des budgets annuels de défense au niveau mondial, selon un communiqué de presse.
Au dernier décompte, les 16 516 AMP déclarées par les différents gouvernements ne représentent que 8,36 % des océans. Et les aires entièrement ou fortement protégées ne représentent que 2,7 % de l’océan mondial.
Ce retard est « alarmant » et doit être rattrapé lors de la conférence des Nations Unies sur l’océan (UNOC) qui débute le 9 juin à Nice, a déclaré Jonathan Kelsey, directeur du Bloomberg Ocean Fund.
« L’UNOC est une occasion cruciale pour les gouvernements de réduire ce fossé par des actions concrètes, notamment… en augmentant les financements qui tiennent vraiment leurs promesses », a-t-il ajouté dans un communiqué.
Rattraper ce retard permettrait en outre de débloquer « environ 85 milliards de dollars par an d’ici à 2050 en coûts évités et en bénéfices annuels », selon le rapport. Ces revenus issus de la protection des océans proviennent de moindres émissions de CO2 générées par la disparition des herbiers marins, de la restauration des pêcheries surexploitées et d’une meilleure protection des défenses côtières naturelles.
« Nous ne pouvons pas nous permettre des promesses qui restent sur le papier alors que nos récifs coralliens blanchissent, que nos pêcheries déclinent et que nos côtes sont emportées par les flots. Nous avons besoin d’une protection réelle, maintenant », a déclaré Brianna Fruean, de Together for the Ocean.
Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement sont attendus à Nice jusqu’au 13 juin. À l’issue de leurs travaux, les États doivent adopter une déclaration politique non contraignante qui reconnaît notamment que le développement durable de l’océan est le « moins bien financé » des objectifs de développement durable de l’ONU.
