Revenu universel, revenu de base, aux quatre coins du monde, la question du versement d’un montant forfaitaire de manière inconditionnelle s’invite dans le débat public. Il s’agit d’un vieux débat philosophique, mais c’est aussi, selon ses soutiens, un moyen de faire face aux destructions d’emploi générées par les progrès technologiques actuels et futurs (robotisation, IA…).
L’exemple venu d’Alaska
Le cas de l’Alaska Permanent Fund que l’on peut traduire par fonds permanent est particulièrement intéressant à observer. Cet État américain a initié ce projet en 1976. Une société est chargée par le gouvernement local de placer un minimum de 25% des revenus du pétrole et du gaz dans des investissements prudents. Alors qu’il ne valait que 734 000 dollars initialement, ce dernier pèse aujourd’hui plus de 80 milliards de dollars.
Les revenus sont ensuite partiellement reversés aux habitants sous la forme d’une pension annuelle. L’an dernier, cette dernière était par exemple de 1312 dollars (1145 euros) et 3284 dollars (2900 euros) en 2022. Si ce montant ne suffit bien sûr pas pour couvrir les dépenses annuelles, le Permanent Fund a toutefois permis de réduire la pauvreté, d’améliorer la santé des habitants, de faire progresser l’accès à l’eau potable, ou encore d’améliorer le taux de fécondité, précise Business Insider.
Cité par nos confrères, Brett Watson, professeur adjoint à l’Institut de recherche sociale et économique de l’université d’Alaska Anchorage, souligne ainsi :
De nombreux autochtones d’Alaska choisissent de renoncer à une activité salariée pour adopter un mode de vie purement traditionnel ou de subsistance, mais il est essentiel d’avoir accès à de l’argent liquide pour pouvoir se procurer des provisions de base, acheter du matériel de chasse ou de pêche.
Dans le même temps, et au niveau global, le niveau d’emploi a augmenté dans cet État, notamment chez les hommes. Autre effet assez inattendu, d’après une étude datant de 2020, les atteintes aux biens diminuent de 8 % dans les semaines qui suivent les paiements.
Les limites de ce dispositif
Le fait que le versement soit universel a un revers de la médaille. Il semble en effet que cela permette un accroissement des inégalités. Les ménages les plus aisés trouvant plus facilement moyen de faire prospérer ce pécule. Mais le fait de verser cette somme à tout le monde diminue du même coup la stigmatisation que subissent parfois les foyers les plus modestes qui touchent une allocation.
Enfin, des critiques se font aussi entendre sur le manque de financement des services publics dans cet état qui concentre une grande partie de la redistribution des richesses sur ce fonds.
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