C’est l’idée de l’association des Amis et riverains de la vallée du Treulon, ce dimanche 16 juin . Ils sont mobilisés contre le projet d’agrivoltaïsme de Total Energy à Cossé en Champagne : le géant de l’énergie souhaite installer 35 hectares de panneaux solaires sur des champs.
Partager un pique-nique, c’est l’occasion pour les différents acteurs mobilisés contre le projet de se rencontrer et d’échanger sur leurs motivations. Installée sur sa nappe de pique-nique, Clara, une habitante de Viré-en-Champagne, discute avec d’autres personnes mobilisées contre le projet. Elle se rappelle du choc quand elle en a entendu parler pour la première fois, c’était il y a tout juste un mois. “En découvrant le projet monstrueux que c’était, on a été vraiment sous le choc. Moi je sais que j’en ai pleuré tellement je me suis sentie démunie, déjà de ne pas avoir été au courant et puis en plus de se dire ça va se faire mais ça va être vraiment un gros choc.” C’est tout son quotidien qui risque d’en être bouleversée selon elle. “On est en haut d’une vallée donc on a vraiment vu sur l’ensemble du coin et donc sur ce champ de photovoltaïque. Donc en fait en profitant dans le jardin, en allant travailler, en déposant notre fille, on va les voir tous les jours. Donc voilà ils vont faire partie du paysage qu’on n’a pas choisi.“
“Un sentiment d’amertume”
A côté d’elle, un couple de retraités qui a tenu à participer au pique-nique. Jacqueline est née dans la ferme qui va abriter les panneaux et pour elle c’est le métier même exercé par ses parents puis par son mari qui est menacé. “Un sentiment d’amertume quand même. Je me dis si tout le monde en fait autant, il n’y aura plus d’agriculteurs. De toute façon, il n’y aura plus de terres agricoles. On a l’impression que ce n’est plus un métier d’agriculteur. Ce n’est plus le prix des fermages qu’on paye à l’hectare pour cultiver normalement. C’est aberrant de voir ce que Total Energy peut donner à l’agriculteur.”
“On s’oppose à l’artificialisation des zones agricoles”
Un terme qui revient beaucoup durant le pique-nique, c’est les zones alternatives. L’idée qu’avant de mettre des panneaux solaires dans les champs, il faudrait privilégier d’autres surfaces. Et ça, c’est ce que soutient notamment la Confédération paysanne. Pour Simon Aussems, le secrétaire général de la branche mayonnaise du syndicat, des zones alternatives ne manquent pas. “Il y a les friches industrielles, des anciennes carrières, des parkings et beaucoup de toitures. Et donc nous à la Conf, on souhaite que toutes ces zones soient exploitées et du coup on s’oppose à l’artificialisation de zones agricoles. Dernièrement, on a parlé beaucoup de souveraineté alimentaire et donc l’installation de panneaux photovoltaïques dans les champs, ça réduit les rendements. C’est une réalité. Donc si on en met dans les champs, on va perdre des rendements.”
“Il reste quoi ? Les bacs à fleurs ? “
A l’organisation de ce pique-nique engagé, il y a Gregory Carteaux, président de l’association des amis et riverains de la Vallée du Treulon.
Pour lui ce qui rassemble toutes les personnes réunis autour de ce pique-nique, c’est l**’envie de préserver la vallée** “Il y a une vallée à préserver. C’est une vallée qui a toutes les caractéristiques de la vallée de l’erve, en moins spectaculaire mais en beaucoup plus sauvage. Si même les dernières vallées, les plus reculées, les plus sauvages de Mayenne, on les bousille, il reste quoi ? Les bacs à fleurs qu’on est en train d’installer devant la mairie à Laval ?”
Il espère à présent qu’un maximum de personnes participeront à l’enquête publique : chaque citoyen peut particper en s’exprimant sur le sujet, et ce jusqu’au 27 juin. 44 pour le moment ont donné leur avis, en ligne ou par écrit.
