Il n’est pas évident d’être investi dans les technologies en ce moment ! Leurs valeurs boursières fluctuent fortement en fonction des annonces du président américain Donald Trump.
Or, il s’agit de la thèse d’investissement du fonds EDR Fund Big Data d’Edmond de Rothschild AM (Edram), créé en 2015 et co-géré depuis par Jacques-Aurélien Marcireau. Celui qui est également co-responsable de l’équipe actions internationales de la société de gestion, était l’invité de Gaétan Pierret dans l’émission Patrimoine Online de mai.
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S’il estime que Donald Trump n’est «pas encore» son cauchemar, il reconnait qu’il constitue un «choc exogène de marché» mettant à l’épreuve «les théories économiques, notamment celles du commerce international» et «cause des casse-têtes à tous les stratèges d’entreprises pour estimer l’impact de ces politiques et leur efficacité réelle». Cette nouvelle donne de la politique américaine force les gérants à mettre à jour leurs scénarios «presque jour par jour», explique Jacques-Aurélien Marcireau. «La meilleure réponse reste la prudence et de prendre les hypothèses de croissance en 2025 les plus faibles possibles», poursuit-il.
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D’après lui, les services semblent aujourd’hui partiellement épargnés par la guerre commerciale que les Etats-Unis veulent mener contre une bonne partie de la planète, et notamment la Chine.
En ciblant les secteurs liés à la génération, exploitation et utilisation de la donnée, EDR Fund Big Data est exposé à hauteur de 50% à l’Amérique du Nord (contre 22% pour la Zone Euro et 14% pour l’Asie). Son gérant invite à mettre cette ventilation «en perspective» : «Les indices actions monde sont constitués à 75% d’actions américaines. Nous avons pris le parti d’une diversification plus importante». Et ce serait justement son exposition à l’Europe et l’Asie, deux zones qui «ont moins souffert de la baisse du dollar que les marchés américains», qui aurait aidé EDR Fund Big Data à ne pas être emporté par la correction des valeurs US de début d’année. Alors qu’il surperformait son indice de référence, le MSCI World, quasiment depuis sa création, le fonds a effectivement connu un début d’année plus compliqué, du fait de sa forte exposition aux Etats-Unis. La présence de secteurs comme les télécommunications et le cloud en portefeuille, a également contribué à le protéger partiellement.
Au-delà de la performance, que faire en cas de désertion des investisseurs ? Tous les mois, L’Agefi interroge 25 sociétés de gestion sur leurs allocations. Pour le deuxième mois consécutif, l’exposition aux actions diminue. De son côté, Edram, qui revendique une gestion «conservatrice et prudente», a pu bénéficier d’une collecte positive supérieure à 1 milliard d’euros depuis le début d’année, sur l’ensemble de ses stratégies portant sur les actifs risqués. «Nous sommes un acteur de grande taille, mais pas un leader mondial, ce qui nous permet de prospérer même si les investisseurs réduisent leur poche actions», explique Jacques-Aurélien Marcireau.
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